Technique
La chaleur fatale est un produit
Un centre de données convertit en chaleur presque chaque kilowattheure qu'il consomme. Pendant des décennies, cette chaleur est partie dans le ciel ; le droit allemand exige désormais sa réutilisation, et les villes apprennent qu'un bâtiment qui calcule peut être une centrale de chaleur avec une meilleure économie. Les chiffres ici viennent de notre premier site.
Chaque kilowattheure de calcul devient chaleur. Où elle peut aller, ce qu'elle remplace, et ce qu'une ville y gagne.
La physique
L'électricité qui calcule devient chaleur, presque intégralement – une charge IT de 2,5 MW est un radiateur de 2,5 MW en fonctionnement continu. Elle arrive sous forme de chaleur basse température, 30 à 40 degrés dans le circuit de refroidissement : trop froide pour alimenter directement un réseau de chaleur, bien trop importante pour être ignorée.
Température et calendrier
Les réseaux de chaleur fonctionnent plus chauds que la sortie d'un serveur, une pompe à chaleur doit donc élever la température – une machine dont l'économie fonctionne précisément parce que la chaleur source est gratuite. Le second problème est le calendrier : en été, aucun réseau ne veut de chaleur, le bâtiment conserve donc son propre exutoire garanti. Les aérorefroidisseurs restent, la réutilisation vient en plus.
Ce que la loi exige
La loi sur l'efficacité énergétique lie un quota de réutilisation à la date de mise en service : 10 % à partir de mi-2026, 15 à partir de mi-2027, 20 à partir de mi-2028. Un bâtiment mis en service début 2028 – le nôtre – se situe dans la tranche des 15 %. Le quota se satisfait avec des conduites et des contrats, pas avec des certificats.
Le cas de Quedlinburg
Dans le cas d'extension 3 MW, notre premier bâtiment rejette environ 21 900 MWh de chaleur par an. Quedlinburg exploite déjà 9 km de réseau de chaleur, livrant environ 43 GWh par an via 99 sous-stations d'échange – et la centrale de chauffe se trouve dans la même rue, les 175 logements raccordés les plus proches se situant entre 200 et 670 mètres. Le quota de 15 %, soit environ 3 285 MWh, équivaut à environ 7,6 % de tout ce que le réseau de la ville livre en une année. Les échanges avec le gestionnaire de réseau restent à venir ; la géométrie joue déjà en notre faveur.
Ce qui rend un site prêt pour la chaleur
Quatre éléments décident si la chaleur fatale devient un produit ou un communiqué de presse : un réseau existant à distance de pompage, un interlocuteur qui l'exploite, une température que la pompe à chaleur peut franchir économiquement, et assez de charge sur le réseau pour absorber la chaleur en hiver. Cette liste fait partie de notre méthode de choix des bâtiments – la chaleur est un critère de sélection de site, pas une réflexion après coup.
Sources
- 01Energieeffizienzgesetz (EnEfG), § 11 – obligations de chaleur fatale pour les centres de données
- 02Réseau de chaleur et Heizwerk Süderstadt : Stadtwerke Quedlinburg
- 03Bitkom, Centres de données en Allemagne – étude de marché







